Lien vers un document interneL’apprentissage victime de son succès

Deux tiers des jeunes en Suisse suivent une formation professionnelle. Et près de 90% des apprentis trouvent une place à la fin de leur formation. Mais l'offre en places d'apprentissages n'augmente pas aussi vite que la demande. Les chiffres et les tentatives d'explications de ce déficit.

1000 places d'apprentissage supplémentaires en 2006 par rapport à l'année précédente, c'est bien, mais ce n'est pas assez. En un an, la progression de jeunes intéressés par cette formation a crû deux foix plus vite que l'offre. Résultat: selon le dernier Baromètre des places d'apprentissage publié par l'Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT), il y avait en Suisse 73'500 places d'apprentissage pour 79'000 jeunes intéressés. Le calcul est vite fait. Au moment de l'enquête, il manquait 5'500 postes.

Les origines du problème
Pour Grégoire Evéquoz, directeur général de l'OFPC (Office pour l'orientation, la formation professionnelle et continue) de Genève, trois raisons principales sont à l'origine de ce manque de places. D'abord, le pic démographique actuel fait que de très nombreux jeunes arrivent simultanément sur le marché de la formation. Ensuite, beaucoup d'entreprises, dans le commerce et la vente notamment, hésitent avant d'engager des apprentis en raison de la surcharge de travail dûe à leur formation. Enfin, ces mêmes entreprises sont actuellement dans une période transitoire, attendant de voir comment leur contexte économique évoluera.

A ces trois causes, on peut en ajouter une quatrième: la méfiance des patrons. Ceux-ci semblent en effet douter des connaissances acquises par les jeunes au terme de leur scolarité obligatoire. D'après Otto Ineichen, conseiller national lucernois et initiateur du projet Speranza 2000, 25% des entrepreneurs ne veulent plus engager d'apprentis.

Un succès justifié
Selon les chiffres de l'OFPC de Genève, sur l'ensemble des apprentis qui terminent leur formation dans le canton, 88% trouvent immédiatement une place de travail, 8% poursuivent leurs études et les 4% restant doivent patienter six à huit mois pour être engagés. Ces statistiques sont semblables au niveau national. On le voit donc, le pari est le plus souvent payant, à condition de trouver une place!

En Suisse, la filière professionnelle est suivie par deux tiers des jeunes. Pragmatiques, basés sur les besoins réels de l'économie et sur des places de travail existantes, la formation professionnelle en général et l'apprentissage en particulier ont permis à la Suisse d'afficher un taux de chômage des jeunes parmi les plus bas d'Europe. (Franck Sarfati – 15.09.06)

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