
Grégoire Evéquoz: « Les stages en entreprise ne suffisent pas »
La formation professionnelle a-t-elle bonne presse auprès des jeunes Romands?
Avec l'arrivée de la matu professionnelle et des HES, la formation professionnelle a fait sa révolution. Ces deux filières sont d'ailleurs de plus en plus fréquentées et le nombre de jeunes qui poursuivent leur formation après avoir effectué un apprentissage va lui aussi en augmentant.
Quels sont les secteurs dans lesquels l'offre de places d'apprentissages est grande ou, à l'inverse, réduite?
Les secteurs tels que le commerce, la construction, la vente, l'informatique et les services en général sont assez fournis en places d'apprentissages alors que d'autres tels l'horlogerie et les arts graphiques en proposent moins. Ces secteurs offrent par contre la possibilité de suivre des formations scolaires.
Au terme de leur formation, les employeurs engagent-ils les apprentis qu'ils ont formés? Y a-t-il beaucoup d'entreprises qui utilisent les apprentis comme main-d'uvre bon marché sans vraiment les former ni les engager?
50% des employeurs engagent leurs apprentis à la fin de leur apprentissage. Si l'on considère l'ensemble des apprentis qui terminent leur formation, 88% trouvent immédiatement une place de travail alors que 8% poursuivent leur formation. Il existe des entreprises qui se servent de leurs apprentis comme d'une main-d'uvre bon marché. Pour éviter cela, les cantons et les associations professionnelles mettent en place des systèmes de surveillance.
À part la réussite scolaire, quels critères doit remplir un jeune pour espérer trouver une place d'apprentissage? Avoir fait des stages?
Les stages et les entretiens professionnels sont importants, bien sûr, mais ils ne suffisent pas. En fait, la recherche d'une place d'apprentissage s'apparente beaucoup à celle d'une place de travail. Il faut donc constituer un dossier sérieux contenant un CV précis mentionnant les stages et une lettre de motivation bien rédigée. Certains employeurs sont d'ailleurs étonnés par la qualité des dossiers qu'ils reçoivent. Il faut aussi s'informer sur la nature de l'entreprise qu'on a choisie et pouvoir motiver ce choix. La façon de se vêtir peut également avoir son importance lors d'un entretien.
Quels sont les atouts d'un jeune qui vient d'obtenir son CFC?
Il faut savoir qu'avec l'Allemagne et l'Autriche, la Suisse est un des pays européens qui compte le moins de chômage chez les jeunes. Ceci est dû en partie à la qualité de la formation professionnelle dispensée ici. Les atouts d'un apprenti sont sa formation pratique et la qualité des cours (dont le programme est défini par des professionnels de sa branche) qui lui ont été donnés. Les apprentis affirment d'ailleurs très souvent que ce qu'ils ont appris aux cours leur sert au travail. Un apprentissage réussi est quasiment la garantie de trouver un emploi.
Si vous aviez un seul conseil à donner à un(e) jeune de 15 ans qui souhaite trouver une place d'apprentissage, lequel serait-il?
Il faut à tout prix montrer sa motivation. Il est souvent préférable de faire preuve d'une motivation à toute épreuve alors qu'on a eu une scolarité moyenne plutôt que de finir premier de la classe en ne montrant aucun intérêt pour la profession choisie. Les employeurs savent très bien faire la différence. (FS)


