
Il faut pouvoir faire face à des situations imprévues.
Elles s'appellent Martine, Anaëlle et Maryam, habitent Genève, Morges ou Lausanne et ont entre 17 et 26 ans. Leur point commun: le baby-sitting. En quelques années de pratique (10 pour la plus expérimentée), elles sont devenues des spécialistes de ce job si prisé par les étudiants.
Et pour cause. Comme dirait Martine, «Quel autre boulot permet d'être payé pendant qu'on regarde la télé ou qu'on étudie en vue des examens? » Pourtant, il ne faut pas s'y tromper. Le baby-sitting est un vrai travail avec ses obligations et les responsabilités qu'elles impliquent.
Prudence et patience
Ainsi, il faut pouvoir faire face à des situations imprévues. Martine raconte par exemple comment elle s'est aperçue que la fillette qu'elle gardait était somnambule. Un poil trop tard puisque celle-ci était tombée dans les escaliers. Plus de peur que de mal pour cette fois mais la prudence reste de mise à chaque instant.
L'autre qualité suprême que ces trois jeunes filles ont évoquée est la patience. Les enfants sont souvent manipulateurs et ils peuvent facilement mettre vos nerfs à l'épreuve. Anaëlle recommande par exemple de ne pas céder aux caprices de celles qu'elle appelle «les princesses». Lorsqu'elles sont avec leurs frères et surs, il est indispensable de s'occuper de chacun, sans privilégier l'un ou l'autre.

Martine: « Quel autre boulot permet d'être payé pendant qu'on regarde la télé ? »
Autre cap difficile, l'heure du coucher. Là aussi, une certaine fermeté s'impose. Selon Martine, retourner une fois dans la chambre pour une raison x ou y (chaud, froid, soif, etc.) ne pose aucun problème. Mais, surtout avec les plus petits, il ne faut revenir qu'à une seule reprise. Car s'ils comprennent qu'on revient chaque fois qu'ils pleurent, «c'est foutu, ils n'arrêtent plus.»
Les petits plus
A lire ces lignes, on pourrait croire que le baby-sitting n'est fait que de contraintes. C'est faux. Nos trois jeunes romandes ont en effet beaucoup de plaisir à exercer ce métier. Car il faut avant tout aimer les enfants, et c'est visiblement leur cas. Impossible en effet de bien faire ce travail uniquement pour l'argent.
Anaëlle ajoute à ce propos que «Certains petits demandent à leurs parents que ce soit moi qui vienne les garder et me sautent au cou pour m'accueillir. Cela fait très plaisir.» Maryam aussi semble beaucoup apprécier «les moments de calme où l'on peut jouer tous ensemble.»
Encore un atout du job de baby-sitter, l'acquisition du sens des responsabilités, utile quel que soit le métier que vous exercerez plus tard. Martine, aujourd'hui assistante en pharmacie, profite de son expérience avec les enfants pour conseiller au mieux les jeunes mamans «un peu paniquées» qu'elle côtoie dans son métier.
Et les garçons?
Aucune de ces demoiselles n'a pour l'instant rencontré son homologue masculin, très rare dans la profession. Selon Maryam, «S'il y en a, ils ne s'en vantent pas.» Toutes trois pensent pourtant que les garçons peuvent très bien assurer dans ce domaine. Mais Martine estime que s'ils n'ont jamais eu l'occasion de s'occuper de leurs petits frères ou surs, les cours dispensés par la Croix-Rouge sont vivement conseillés. Alors messieurs, au boulot ! (Franck Sarfati – 20.09.06)
