
Claude Niang utilise la puissance d'internet pour enseigner la géo.
Quel est le point commun entre un camp de 200'000 réfugiés et un tremplin de saut à ski? À priori, aucun. Et pourtant. Dans le cadre de deux de ses précédents emplois, Claude Niang a reçu la charge de trouver des sites convenant à l'installation de ces infrastructures. Il a alors eu recours à un outil incontournable: des vues aériennes couplées à un système d'information géoréférencé. Ce système permet de superposer plusieurs types d'information sur la même carte. En prenant l'exemple du tremplin de saut à ski, on peut ainsi déterminer la meilleur pente, l'exposition du site, son accessibilité, etc. Les lieux remplissant simultanément tous les critères exigés sont ainsi ciblés.
Au début de ses études, ce qui le motive à choisir la géographie est «l'ouverture sur l'extérieur qu'elle induit, la possibilité d'obtenir des clés de lecture pour comprendre le monde. » Après avoir été informaticien et consultant, Claude Niang enseigne aujourd'hui l'informatique, l'éducation physique et la géographie au cycle d'orientation des Colombières de Versoix (GE).
Au goût du jour
A ses élèves des cours de géo, il transmet ces mêmes clés de lecture qu'il a acquises par le passé. Pour les motiver, l'enseignant emploie des « ruses », comme il les nomme en souriant. D'abord, il profite du côté pluridisciplinaire de la géographie pour aborder des sujets actuels: tsunamis, guerre au Moyen-Orient, etc. Ensuite, il s'est mis «au goût du jour» en utilisant la puissance d'internet pour obtenir des images de la Terre vue du ciel.
A la rentrée, l'enseignant utilisera une fois encore le site web du Service d'Information du Territoire Genevois dans le cadre de son cours. La plate-forme permet d'afficher sur une photo aérienne ou un plan de nombreuses données, allant du cadastre au relief ombré du lac en passant par la répartition de la population.
Exercice prévu: travailler sur la notion de territorialité en comparant des images aériennes de la Suisse et de la France voisine. L'expérience consistera à déterminer le concept de la frontière et les indicateurs qui pourraient la révéler sur une photo aérienne. Un exemple de raisonnement: «peut-on distinguer les parcelles agricoles suisses des françaises?» Avant de trouver des réponses, ce sera aux élèves de se poser les bonnes questions.
Du local au global
Autre exercice possible: faire tracer sur un plan l'itinéraire qu'empruntent les étudiants entre leur habitation et l'école. La démarche peut paraître futile, mais elle permet d'intéresser les élèves à la géographie. Il s'agit de «les faire parler d'eux-mêmes pour les intéresser à des problématiques plus globales.»
Ce type d'enseignement demande évidemment une certaine préparation et quelques connaissances informatiques de base. Mais selon Claude Niang, le potentiel pédagogique de ces technologies est énorme. Et totalement sous-exploité. (Franck Sarfati – 19.09.06)
