Lien vers un document interneLe point de vue de l’entrepreneur

Directeur et cofondateur trentenaire de Jeronimo, leader romand des systèmes d'encaissement par cartes de crédit, Jean-Marc Fillistorf brainstorme depuis toujours. Avec modération.

  • Si je vous dis «brainstorming», vous me répondez…
    Foison d'idées… groupe, équipe…
  • Quelles en sont les applications?
    La recherche de nouvelles idées, lorsqu'il s'agit de dépasser notre réflexion de base. Si on manque d'idées, si le sujet est complexe et fait intervenir plusieurs disciplines (commerciale, financière, informatique, etc.), multiplier le nombre de cerveaux est sûrement mieux.
  • Concrètement?
    Typiquement, nous le pratiquons avec nos vendeurs pour mettre au point de nouvelles approches commerciales.
  • Y a-t-il des limites?
    Cela doit être un outil managérial parmi d'autres, utilisé pour solliciter une dynamique de groupe. Le brainstorming n'est pas universel.
  • Est-ce une pratique courante chez vous?
    Assez régulière, en effet. Mais nous ne le faisons pas de manière académique.
  • C'est-à-dire?
    Il s'agit de discussions à bâtons rompus qui suivent un certain nombre de règles de base: être ouverts, critiques, respecter le meneur et pondérer la dizaine d'idées qui a émergé en en sélectionnant chacun trois, notées de 1 à 3.
  • Quelle serait, alors, la manière académique?
    Réunir des participants d'horizons absolument différents. Ne jamais faire soi-même l'analyse du brainstorming directement après la session. Une seconde équipe, également pluridisciplinaire, doit en être chargée pour élire les meilleures idées produites par la première.
  • Que pensez-vous de son utilisation jugée croissante dans les entreprises suisses?
    Ce n'est pas une technique révolutionnaire. On l'utilise depuis longtemps, de manière assez intuitive, depuis que l'on organise des réunions interdisciplinaires. Mais le petit plus du brainstorming proprement dit, c'est que n'importe qui a le droit de dire n'importe quoi.
  • Peu de chances d'y couper

  • La culture managériale suisse lorgne résolument vers les autres rives de l'Atlantique. Les techniques de gestion d'entreprise en vogue au pays de l'oncle Sam sont très prisées de l'élite dirigeante suisse, aujourd'hui plus professionnelle, plus internationale, plus au moule du MBA. Vos chances d'échapper aux fourches caudines du brainstorming se réduisent donc comme peau de chagrin…
    Pour plus de détails, vous pouvez consulter François Barrial, Evolution du profil sociologique de l'élite managériale suisse entre 1980 et 2000, Mémoire de licence ès science politique, Université de Lausanne, 2006