Lien vers un document interneLe bilan: qu'est ce que c'est et à quoi ça sert?

Ni quantification des acquis professionnels ni évaluation, le bilan de compétences est bien une image des compétences professionnelles et des qualités d'une personne. Le point avec des spécialistes.

Une réflexion sur soi, ses motivations, son parcours.

Une réflexion sur soi, ses motivations, son parcours.

«Un bilan de compétences, c'est comme la photographie d'une personne. Il donne une image la plus exacte possible à un moment de la vie», explique Roseline Cisier, directrice du Cebig, le «Centre de Bilan Genève » créé en partenariat par l'Etat, l'Union des associations patronales et la Communauté genevoise d'action syndicale. Une photographie de ses compétences professionnelles, mais aussi de ses qualités personnelles. «Le bilan de compétences n'est pas un outil de sélection, contrairement à une idée reçue, tient à préciser Roseline Cisier. Ce n'est pas non plus une évaluation de la personne, ni une quantification de ses acquis professionnels. En fait, c'est une démarche constructive qui apporte une réflexion sur soi, sur ses motivations dans la vie et sur son parcours professionnel.»

Tout le monde s'accorde aujourd'hui: le monde du travail repose sur le changement et l'adaptation. Rares sont ceux qui feront leur carrière à un seul poste ou dans le même métier. A certaines étapes importantes de sa vie professionnelle, il peut s'avérer utile de faire un bilan de compétences pour définir plus précisément son savoir-faire et renforcer ses motivations, pour mieux connaître ses ressources personnelles et ses limites. Bref, c'est une façon de se placer face à soi-même qui peut être utile pour élaborer un projet réaliste, rechercher un emploi valable ou renforcer sa confiance en soi.

Jeux de rôles et tests divers
Il existe plusieurs types de bilan de compétences. Retenons les deux principaux: d'abord le bilan qui fait le point sur sa carrière. Il permet de savoir où l'on se situe dans le monde du travail. Ce type de bilan est souvent utilisé lors d'une réorientation au sein de l'entreprise ou à la suite d'un licenciement. L'autre type de bilan permet de faire reconnaître son expérience professionnelle. Il est particulièrement utile pour les personnes qui n'ont pas de diplômes. C'est une manière pour eux de faire-valoir une expérience pas forcément reconnue de premier abord.

Entretiens suivis avec un spécialiste, jeux de rôle, exercices de mise en situation, tests de personnalité… la gamme pour composer un bon bilan de compétences est assez large et dépend de ce que vous recherchez. Leur durée va d'une semaine à plusieurs mois. «Certains bilans peuvent prendre deux à trois mois pour être réalisés», reconnaît Annabelle Peclard, directrice du cabinet Didisheim, à Lausanne, qui collabore depuis plusieurs années avec le CRPM. «Ce genre de travail sur soi et sur son parcours permet d'entrevoir des pistes pour son futur. Le but n'est pas d'enfermer la personne dans un schéma réducteur. Au contraire, un bon bilan de compétences doit donner des pistes d'ouverture.» Cela peut passer par quelque chose d'aussi simple que la rédaction d'un nouveau CV ou de plus élaboré comme une réorientation de son travail.

Entre 800 et 4000 francs
Et le prix à payer? Cela varie bien sûr d'un centre à un autre, mais il faut compter près de 800 à 4000 francs. A noter que les caisses de chômage prennent souvent à leur charge ces frais et que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à accepter de financer cette démarche.

De plus en plus d'entreprises utilisent des tests de sélection avant d'engager de jeunes collaborateurs. Certaines sociétés n'hésitent d'ailleurs pas à les faire payer par les candidats, ce qui a été dénoncé en mars 2006 dans une interpellation parlementaire à Berne, mais sans succès puisque le Conseil fédéral s'est simplement contenté de regretter cette pratique.

Pour les professionnels de l'orientation, ce genre de tests ne remplacera jamais le contact personnel. Ils recommandent toujours aux jeunes de le rechercher, de manière à montrer à leur futur employeur leurs motivations…

A noter que le Cebig, à Genève, teste actuellement des bilans de compétences pour les jeunes, à l'instar de ce qui est fait pour les adultes. Une démarche prospective, pour l'instant, qui pourrait néanmoins déboucher dans le courant de l'automne sur la mise en place d'une nouvelle prestation. (Réd. – 26.09.06)

  • Les règles à observer

  • Vous voulez vous lancer dans un bilan de compétences? Attention à la méthode. Règle essentielle à ne jamais oublier: le bilan de compétences doit être librement choisi et ne pas vous être imposé comme un ultimatum de votre employeur. A ne pas oublier également que cette «photographie» n'est utile que si on s'en sert pour son avenir.

  • Il est judicieux aussi de s'interroger sur les outils employés et préférer des sociétés certifiées ou reconnues par des organismes officiels, car il n'existe pas de chartes professionnelles dans ce domaine. Chaque canton romand tend aujourd'hui à reconnaître des professionnels du bilan de compétences, voire même à les soutenir directement, comme c'est le cas au Cebig de Genève.

  • Mieux vaut également collaborer avec des psychologues FSP (Fédération suisse des psychologues). Enfin, savoir rester lucide sur la valeur du bilan de compétences. Il est un moyen, et non la solution, à un moment de votre vie professionnelle.