Lien vers un document interneDu snow park au tableau noir

Comment devenir enseignant après avoir exercé successivement les métiers de maçon, vendeur de pièces détachées et personal trainer? Illustration avec le parcours de Joseph Monteleone, 33 ans, à la fois passioné et polyvalent.

Joseph Monteleone

Joseph Monteleone

Au début des années nonante, il ne choisissait que les jobs lui permettant de pratiquer sa passion: le snowboard. À l'époque toute sa vie s'articulait autour des compétitions de freestyle auxquelles il participait. Du coup, travailler comme maçon (avec un CFC) dans l'entreprise de son père où effectuer des missions pour une boîte de travail temporaire, c'était le top.

Le poids des années, le choc des gamelles
Mais dix ans, trois enfants et de nombreuses fractures plus tard, Joseph est obligé de remplacer les 540 backside et les Mc twist par un «vrai boulot» et la feuille de paie qui va avec. Après deux ans et demi comme chauffeur-livreur, il se retrouve à vendre des pièces détachées dans la zone industrielle genevoise. Ça change des snow parks.

Cette nouvelle activité ne lui plaît pas. Enfermé, sans perspectives et mal payé, il ne rêve que de changement. Il aimerait trouver une profession «dans le domaine du coaching sportif» mais se heurte sans cesse au problème de la maturité fédérale, qu'il ne détient pas. Or les formations qu'il pourrait entreprendre à l'Ecole de sport de Macollin requièrent toutes ce précieux sésame. Déception.

Hasards d'une rencontre
Comme souvent dans ce genre de cas, c'est d'une rencontre que viendra la solution. Lors d'une discussion avec la mère d'un ami de son fils, il apprend qu'il peut suivre un cours – sans maturité – pour devenir personal trainer (entraîneur personnel). Il prend contact avec la société qui dispense cette formation, réfléchit mûrement et se lance.

Pendant un an, Joseph cumule son travail dans les pièces détachées de voitures, l'apprentissage de son nouveau métier (sur son temps de vacances!) et sa vie de famille. «Ça fait de très grosses journées.» Il termine, sur les genoux mais heureux, ses deux modules de cours (anatomie et sport pour personal trainer) complétés par de petites formations complémentairses, comme le stretching. Et quitte son job.

Belote et rebelote
Diplôme en poche, enfin! Tout est bien qui finit bien? Pas si simple… En novembre 2006, alors qu'il n'a même pas eu le temps de se constituer une clientèle, c'est le père de l'ami de son fils qui l'approche. Enseignant au Cycle d'orientation des Colombières (Versoix – GE), celui-ci cherche quelqu'un pour se charger des remplacements dans une classe relais. Quelqu'un capable de comprendre ces élèves réputés difficiles.

Une casquette de plus, pourquoi pas? Il accepte après avoir reçu une autorisation spéciale du DIP pour enseigner. Et la suite lui donne raison: «Avec ma passion pour le snowboard et le hip hop, j'ai eu droit à leur respect, même si au début ils m'ont pris pour le garde du corps de leur remplaçant!» Aujourd'hui, enthousiasmé par cette expérience pédagogique, il se demande comment mêler sport et enseignement. Nouvelle formation en vue? (Franck Sarfati – 01.05.07)

  • «Si je devais donner un conseil à un jeune qui aimerait changer de formation, ce serait de d'abord terminer celle qu'il est en train de suivre. C'est bon pour la tête.»
    Joseph Monteleone

  • Pas toujours facile de financer une formation. Cliquez ici pour connaître les possibilités de bourses proposées par les cantons et Pro Juventute.

  • Il n'y a pas de sot métier. Exemple avec cet article de largeur.com. Il raconte les trajectoires de jeunes passionnés qui ont choisi de devenir serveur.

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