
Le e-mail, un bon moyen de rester en contact
Alors qu'elles n'étaient qu'un peu plus de 2% à utiliser le web en Suisse il y a dix ans, presque 40% des personnes de 50 ans et plus surfaient sur internet en mars 2006! Les chiffres de l'Office fédéral de la statistique sont clairs: l'âge n'est plus une barrière pour profiter des atouts d'un ordinateur.
Autrefois réservée aux seuls utilisateurs éclairés, l'informatique s'est démocratisée au fil du temps. Grâce à des interfaces toujours plus «conviviales», les logiciels grand public sont aujourd'hui à la portée de chacun. Pour preuve, l'offre toujours croissante de cours (Les adresses pour apprendre) destinés aux seniors et liés à l'utilisation des outils informatiques.
Avec internet, les aînés se sont rendus compte qu'il n'était plus obligatoire de se rendre à la poste pour payer ses factures, ni de rentrer des courses avec des sacs de plus en plus lourds à porter. Lorsque la mobilité est réduite par le poids des années, l'utilisation du web devient un atout majeur.
Le e-mail plébiscité
Pourtant, selon Alphonse Bugnon, qui enseigne l'informatique à des aînés pour prosenior.ch, l'argument de la mobilité n'est pas le principal. «Après les cours d'initiation à l'informatique, ce sont l'apprentissage du Net et particulièrement celui de la messagerie électronique qui sont plébiscités», précise ce prof de math et physique à la retraite.
De fait, il est devenu bien plus pratique de donner ou recevoir des nouvelles depuis l'avènement du e-mail. Et si cela ne remplace pas la présence physique, le fait de pouvoir aisément contacter des proches même lorsqu'ils sont à l'étranger est une bénédiction pour bien des aînés.
Autres cours très demandés, ceux concernant les tableurs et les logiciels de gestion de l'image (photo numérique oblige). «Le fait d'apprendre ces nouveautés est parfois effrayant pour une partie des élèves mais l'immense majorité s'en sort sans problème. En six heures de cours, ils ont déjà des bases pour évoluer.» Pour Alphonse Bugnon, les problèmes viendraient plutôt du coût du matériel.
Girls power
Contrairement à la tendance chez les «personnes actives» (lire encadré ci-contre), ce sont des femmes qu'on retrouve le plus derrière les écrans de ces cours. Pourquoi ce déséquilibre? Sont-elles plus curieuses ou moins effrayées par la nouveauté? Plus enclines aux bavardages des «chats»? Alphonse Bugnon ne saurait répondre. Ce qu'il sait par contre, c'est à quel point «il est merveilleux de voir des gens de 75 ans et plus commencer l'informatique.» Filles ou garçons. (Franck Sarfati – 23.01.07)

