Lien vers un document interneLe Watergate

C'est un peu le «père» de tous les scandales. Tellement marquant qu'après lui, on a fait du mot «gate» le suffixe attitré des affaires honteuses (Irangate, Angolagate, etc.). Sa révélation, on la doit à deux journalistes du Washington Post…

Immeuble du Watergate (Washington DC, USA)

Immeuble du Watergate (Washington DC, USA)

En 1972, Richard Nixon est candidat à sa propre réélection au poste de Président des États-Unis d'Amérique. Le 17 juin de cette même année, cinq «cambrioleurs» sont pris en flagrant délit dans un immeuble de Washington, le Watergate, qui abrite le siège du parti démocrate.

Enquête bâclée
La composition du groupe – un militaire, un ancien agent de la CIA… – et les «outils» qu'il transporte – du matériel d'écoute – ont de quoi surprendre les enquêteurs. Pourtant, le FBI décide de ne pas pousser plus avant son enquête. Quelques mois plus tard, Nixon est brillamment réélu.

Pour deux jeunes journalistes d'investigation du Washington Post, la Maison Blanche est forcément liée à cette affaire. Encouragés par leur rédacteur en chef, Carl Bernstein et Bob Woodward décident de reprendre à leur compte l'enquête abandonnée trop vite par le FBI.

Contre-enquête
Leur arme de prédilection est le téléphone. Patiemment, ils passent des centaines de coups de fil qui leur permettent de tisser des liens entre certains des «cambrioleurs» du Watergate et un comité de soutien pour la réélection du président Nixon.

Ils sont aidés dans leurs recherches par un informateur anonyme surnommé «Deep throat», gorge profonde en français. Le mouchard ne dévoilera sa véritable identité qu'en 2005. Il s'agissait de William Felt, numéro deux du FBI à l'époque des faits.

Médiatisation
En 1973, avant que l'affaire ne soit traitée par la justice américaine, Bernstein et Woodward parviennent à l'éclairer d'un nouveau jour. Les éléments qu'ils apportent permettent à la commission sénatoriale chargée de l'enquête de pointer divers délits imputables à des proches du Président. On parle là de détournements de fonds, faux témoignages, écoutes illicites…

Dès lors, le grand public se passionne pour cette affaire hors norme et suit les débats en direct à la télévision. Il assiste ébahi aux déballages de membres éminents du gouvernement et de responsables de la sécurité nationale. S'ensuivent de nombreuses démissions dont, au final, celle du Président Nixon, isolé politiquement et sous le coup d'une procédure d'«impeachment».

À ce jour, il s'agit de l'unique cas de démission d'un président américain. Le fait que sa chute ait été provoquée par deux simples journalistes est une belle démonstration de la puissance du quatrième pouvoir, celui des médias. (Franck Sarfati – 21.04.10)

  • Carl Bernstein et Bob Woodward en 1974

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