
Yves Dubois sur le terrain (Rwanda, 1996)
Que vouliez-vous faire quand vous aviez 15 ans et pourquoi?
Je n'étais pas très sûr de mon choix mais j'aimais déjà beaucoup la photographie, la bd, les revues de photo… Tout ce qui concernait l'image en fait. Un peu plus tard, il y a eu le cinéma. Aujourd'hui, je suis cameraman mais je reste toujours aussi attaché à la photographie.
En quoi consiste votre métier et depuis quand l'exercez-vous?
Cela fait 20 ans que je suis cameraman – les dix dernières années à la TSR – dans le domaine du reportage. Le métier a deux facettes. Il y a celle, artistique, du créateur d'image qui doit transmettre au mieux ce qu'il voit. Et une autre, plus technique, car il s'agit d'une tâche assez pointue. D'ailleurs, avec les évolutions technologiques (de la pellicule à la haute définition), on ne cesse jamais d'apprendre, de se former. C'est vraiment une profession qui bouge beaucoup et qui demande pas mal d'expérience avant d'être maîtrisée.
Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans cette profession?
Aller à la rencontre des gens, écouter leurs histoires de vie, rentrer dans leur intimité. C'est fou ce que les gens peuvent «s'offrir» lorsqu'on débarque avec une caméra. J'aime aussi le côté saltimbanque, artistique. Demain par exemple, je ne sais pas sur quoi je vais travailler.
Qu'est-ce que vous changeriez si vous le pouviez?
La vitesse à laquelle nous travaillons. On manque souvent de temps pour mettre les gens à l'aise. Il faut arriver et tourner tout de suite, ce qui fait qu'on reste parfois trop en surface.
Quelle formation avez-vous suivie?
J'ai fait un CFC (apprentissage) de photographe puis une école de photographie à Lausanne.
Quel conseil pour débuter dans ce métier?
Il faut du courage et de la persévérance car il y a beaucoup de monde sur les rangs. Autre chose: ne pas se laisser envahir par la technique, garder un il artistique, ouvert sur l'extérieur.


