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Lorsqu'il critique vertement la mondialisation de l'économie, Joseph Stiglitz sait de quoi il cause. Sa ville natale, Gary (Indiana), s'est transformée en bled fantôme quand ses industries automobiles ont décidé d'aller voir ailleurs.

Gary (Indiana), ville sinistrée

Gary (Indiana), ville sinistrée

Universitaire…
Né en 1943, Joseph Eugen Stiglitz, aurait tranquillement pu exercer ses talents d'économiste au sein d'une lucrative société financière. Au lieu de cela, il choisit la voie d'une carrière universitaire qui s'avèrera exceptionnelle. Docteur à 27 ans et nommé professeur ordinaire la même année à l'Université de Yale, il passera ensuite par tous les établissements de renom que compte les États-Unis: Stanford, Oxford, Princeton, MIT… La crème de la crème.

Ce parcours hors du commun est couronné en 2001 par un Prix Nobel d'économie. Son thème: l'asymétrie d'information. Sa théorie peut être décrite ainsi: lors d'une transaction, une des parties détient et exploite des informations pertinentes au détriment d'autres parties qui ne possèdent pas ces informations. On pense immédiatement au délit d'initié.

… et homme public
Mais le parcours de Stiglitz ne s'arrête pas à ce volet académique. Entre 1995 et 1997, il collabore avec l'administration Clinton en tant que responsable de ses économistes. De 1997 à 2000, il est vice-président et économiste en chef de la Banque Mondiale. Cela ne l'empêchera pas de quitter l'institution en critiquant ouvertement le FMI qu'il juge à la botte des États-Unis.

Cet économiste, résolument de gauche, est favorable à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières – du style de la taxe Tobin prônée par les altermondialistes – à une meilleure régulation des marchés ainsi qu'à certaines nationalisations, comme celle des hydrocarbures boliviens qu'il avait approuvée. Vous avez dit atypique?

  • «Réformer les institutions économiques»

  • Interview sur le site web de l'Unesco