Lien vers un document internePas de panique mais de l'attention

Avec une prévalence de 2% à 10% (selon les sources) au sein des écoliers romands, la dyslexie n'est pas un phénomène négligeable. Les conséquences de ce trouble sur l'ensemble de la scolarité d'un élève peuvent effectivement être très lourdes.

La dyslexie peut mettre en péril l'ensemble de la scolarité

La dyslexie peut mettre en péril l'ensemble de la scolarité

«Tous les enfants tâtonnent à un moment ou à un autre de leur apprentissage de la lecture. Le problème c'est quand ça dure.» Tel est le constat que fait Anne-Gabrielle Mottier*, logopédiste, sur ce problème d'apprentissage qui occupe une partie de ses journées.

Pas de panique
Son constat est rassurant bien sûr. Inutile de se ruer chez le toubib lorsque fiston mélange quelques consonnes ou phonèmes, c'est normal. Par contre, «si les symptômes persistent, consultez votre médecin» (air connu). Car la dyslexie, c'est pas de la tarte, ni d'ailleurs une maladie.

Notre «logo» vaudoise insiste sur ce fait. «La dyslexie n'est pas une maladie, ellle ne se soigne donc pas. L'objectif de la logopédiste est de permettre aux enfants de dépasser certaines difficultés et de développer leur potentiel.» Les parents apprécieront.

Dyslexique, pas idiot
Pas une maladie, ni d'ailleurs le symptôme d'un quelconque retard mental. Au contraire, les exemples de dyslexiques forts en thème sont nombreux et éloquents: De Vinci, Michelange, Flaubert, Einstein, Pasteur… Comme aréopage, on a vu pire. Pour autant, il s'agit de diagnostiquer ce trouble au plus vite.

Très tôt, certains signes peuvent servir d'indicateurs: niveau du langage oral, orientation dans le temps et l'espace… Ensuite, lorsque l'élève tend à confondre ou inverser de manière persistante des lettres qui se ressemblent graphiquement (p, q, b, d) ou des sons, mieux vaut consulter.

Ni vu ni connu je t'(m')embrouille
Parfois, c'est à l'enseignant de garder l'œil ouvert car certains élèves masquent leurs difficultés avec des «ruses». Ces «stratégies de survie», comme les appelle A.-G. Mottier, peuvent être très simple, comme «éviter de regarder le prof dans les yeux lorsqu'il choisit quelqu'un pour lire un passage à voix haute.» Simple mais efficace puisque certains cas ne sont décelés que vers 14 ou 15 ans!

Lorsque ces pièges ont pu être évités, il reste encore à convaincre des parents «pas toujours conscients de l'importance de ce trouble.» Puis à définir le meilleur type de thérapie car «chaque dyslexie est différente des autres» et qu'il faut travailler au cas par cas, «en inventant parfois la thérapie la mieux adaptée.»

Enfin, les enseignants doivent éviter à tout prix de stigmatiser les élèves dyslexiques en leur demandant de lire à voix haute ou en les reléguant au fond de la classe. En gros, si les enfants bénéficient d'un environnement scolaire, thérapeutique et familial favorables, leurs chances sont bonnes. Sinon… (Franck Sarfati – 17.07.07)

*Anne-Gabrielle Mottier est logopédiste au sein de l'Office de la psychologie scolaire, lui-même rattaché au Département de la formation et de la jeunesse (Vaud)

  • Qui paye?

  • Lorsque la dyslexie d'un enfant est avérée et qu'un enseignement scolaire normal ne peut être suivi, c'est l'Assurance Invalidité (AI) qui prend en charge la thérapie logopédique. Plus de renseignements en cliquant ici.

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