Lien vers un document interneUn peu d'histoire

Nuit du 11 décembre 1602, la cité dort et la lune est voilée. Rassemblées sur la plaine de Plainpalais, les troupes de Charles-Emmanuel 1er s'apprêtent à donner l'assaut. Les Genevois, eux, ne se doutent de rien…

© Stéphane Pecorini www.ork.ch

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Genève, capitale de la Savoie?
Cela fait un bon moment que Charles-Emmanuel 1er, duc de Savoie et prince de Piémont, lorgne sur Genève. Depuis son accession au trône en 1580, il rêve de faire de la cité du bout du lac sa capitale au nord des Alpes. Il prend finalement la décision d'attaquer en 1602 et choisit la nuit du 11 au 12 décembre, une des plus longues de l'année.

Son armée de 2'000 hommes est principalement formée de mercenaires espagnols et italiens. Le monarque craint en effet que ses propres concitoyens, les Savoyards, ne soient pas dignes de confiance. À son goût, ceux-ci sont trop proches des Genevois et risquent de dévoiler ses plans.

Un plan simple
Le plan, justement, est simple: escalader les murs d'enceinte à l'aide de hautes échelles et ouvrir les portes pour laisser rentrer les combattants. Au début, tout se passe bien pour les assaillants. Deux cent hommes et leurs chefs s'introduisent dans la ville déserte. Ils pensent avoir partie gagnée lorsque, à 02h30 du matin, un garde les surprend et peut donner l'alerte en tirant un coup d'arquebuse.

On fait alors sonner la Clémence, la grosse cloche de la cathédrale St-Pierre, bientôt relayée par celles des temples alentour. Les Genevois descendent dans la rue armés de ce qu'ils trouvent et résistent farouchement à l'envahisseur. Mais celui-ci est sur le point de gagner quand, au moment de passer la porte de Neuve, il est arrêté par un garde qui a le réflexe de faire tomber la herse.

Victoire!
Le gros de la troupe savoyarde se retrouve bloqué à l'extérieur des murs. Ceux qui ont pu entrer sont massacrés ou fait prisonniers, les autres battent en retraite. Dès le lendemain, les prisonniers sont confiés au bourreau qui fait son office. Leurs têtes, plantées sur des piques, orneront une section des remparts pendant plusieurs mois. L'été suivant, en 1603, le traité de St-Julien mettra définitivement fin aux vues de Charles-Emmanuel 1er.

De nos jours
La fête qui commémore cette victoire est très populaire à Genève. Les enfants se déguisent et chantent le «Cé qu'è lainô» pour gagner quelques pièces. On mange la traditionnelle soupe aux légumes pour rappeler l'héroïsme de la Mère Royaume qui, n'ayant rien d'autre sous la main, lança sa marmite sur les Savoyards. Et le soir, à la lumière des torches, un magnifique cortège en costumes d'époque fait revivre aux Genevois leur glorieux passé. (FS)

  • La bataille

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  • La Mère Royaume

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  • Le cortège de l'Escalade

  • © Stéphane Pecorini www.ork.ch

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