
Halloween en ville (escaliers Chauderon, Lausanne)
Contrairement à la plupart des autres fêtes du calendrier (Noël, Pâques, Pentecôte, etc.), Halloween est une célébration païenne, c'est-à-dire sans rapport avec la religion chrétienne. Pour en retrouver les origines, il faudrait remonter très loin, il y a environ 2'000 ans, voire plus selon certaines théories.
A l'époque, ce sont les Celtes de Grande-Bretagne et de France qui célébraient, trois jours durant vers le début du mois de novembre, la fin des récoltes et le passage à leur nouvelle année. La fête s'appelait alors «Samain». C'était une période de réjouissances car les greniers étaient pleins. Mais c'était aussi un moment de frayeurs…
Des esprits dans le potager
Les Celtes pensaient en effet que les esprits des fruits et légumes récoltés se mêlaient aux fantômes des morts qui venaient jouer des mauvais tours aux vivants. De plus, à cette saison, le froid devenait toujours plus vif et les nuits s'allongeaient pour compléter ce sinistre tableau.

Gravure représentant deux druides (bas-relief d'Autun)
Afin de tromper les esprits et passer à leurs yeux pour des fantômes, les druides – prêtres de la religion celtique – portaient de longues robes blanches. Ils allumaient de grands feux et organisaient des cérémonies rituelles. Pendant ce temps, les villageois dansaient, maquillés, déguisés et portant des lanternes faites avec des navets. Sans oublier de laisser des offrandes à leur porte pour apaiser les âmes errantes, on ne sait jamais.
Des Celtes aux Américains
Au milieu du XIXe siècle, ce sont les Irlandais, fuyant une terrible famine, qui émigrent vers le Canada et les Etats-Unis, emportant dans leurs bagages cette coutume désormais appelée Halloween, contraction du vieil anglais «all hallows» (tous les saints en français). Ce nom dérive directement de la Toussaint, la fête catholique célébrée le 1er novembre.
De nos jours, c'est donc au Canada et aux Etats-Unis que la coutume se perpétue le mieux. Là-bas, de très nombreux enfants vont d'un foyer à l'autre, déguisés, comme leurs ancêtres celtes. Pour éloigner les mauvais esprits, ils portent des costumes effrayants de créatures de la nuit (sorcière, zombie, goule et autres cauchemars ambulants.
Lorsqu'une «Jack-o'-lantern» (la fameuse lanterne en citrouille) est allumée devant une maison, ils peuvent frapper à la porte et en menacer les occupants avec la phrase: «Trick or treat!» (Des friandises ou un mauvais tour!). Ils reçoivent alors de pleines poignées de sucreries que les gens tiennent prêtes à leur disposition. Normal, personne ne veut se fâcher avec Frankenstein ou Dracula, même s'il n'a que sept ans. (FS)




