Lien vers un document interneMaquilleuse

Tous les animateurs, journalistes, présentateurs, acteurs, etc. qu'on voit chaque jour à l'antenne sont maquillés. Sans cela, les imperfections ressortent, la peau brille, en bref: l'horreur. Heureusement, Laurence Rieux veille…

«Faire ce métier par passion»

«Faire ce métier par passion»

Que vouliez-vous faire quand vous aviez 15 ans et pourquoi?
Je voulais déjà être maquilleuse. A l'époque, j'habitais en Amérique du sud où j'ai rencontré un artiste qui faisait de la peinture sur corps. Je lui ai servi de modèle, ce fut une révélation. Ca a été un peu dur à faire avaler à mes parents pour qui maquilleuse n'était pas un métier.

En quoi consiste votre métier et depuis quand l'exercez-vous?
Maquiller quelqu'un implique un travail en amont, c'est-à-dire qu'on doit connaître les souhaits du réalisateur et ceux du comédien qu'on maquille. C'est nécessaire pour aboutir à une création, une proposition qu'on peut faire au réalisateur. Pour m'inspirer, j'observe beaucoup les gens de la rue. Par exemple, les mains d'un imprimeur m'intéressent car à cause de son métier, elles ont une certaine coloration que je veux pouvoir reproduire.
Cela fait 20 ans que je travaille à la TSR mais avant ça, j'ai aussi exercé cette profession dans les domaines du théâtre et de la mode, à Paris.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier?
Les rapports humains, la création et la liberté qu'elle induit. Pour ce qui est des rapports humains, il se passe quelque chose dans mon métier qui n'existe quasiment pas ailleurs: la création d'une forme d'intimité entre moi et la personne que je maquille. En général, dans la vie de tous les jours, on reste à environ un mètre des gens qu'on côtoie. En maquillage, on n'est plus qu'à quelques centimètres.

Qu'est-ce que vous changeriez si vous le pouviez?
Le regard des professionnels sur notre métier. Je prends l'exemple suivant: sur un tournage, si le responsable de l'éclairage demande une demi-heure d'arrêt pour des réglages, pas de problème. Par contre, on accepte bien moins facilement que nous prenions ce même temps pour remaquiller quelqu'un. J'aimerais un peu plus de considération.

Quelle formation avez-vous suivie?
Comme plusieurs de mes collègues, j'ai fait l'école Christian Chauveau à Paris.

Quel conseil donnez-vous à quelqu'un qui souhaite débuter dans ce métier?
Il faut absolument le faire par passion car le marché est assez bouché et qu'on nous demande toujours plus d'heures. Il faut également faire une très bonne école car on prendra en priorité les élèves sortant de ces établissements-là.

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