
Miracle méthodologique ou scandale médiatique: les Alphas ne laissent personne indifférent.
«Sur les dix enfants de cinq et six ans testés pendant sept jours, quatre ont été capables de lire des phrases en fin de semaine, quatre de lire des mots simples. Seuls deux se sont bloqués devant l'huissier venu constater leurs progrès. Pour nous il s'agit donc d'une réussite et cela démontre l'efficacité de notre méthode», s'enthousiasmait il y a quelques mois Claude Huguenin dans le Figaro.
Cette psycho-pédagogue suisse est l'heureuse co-auteure, avec son compagnon philosophe Olivier Dubois, de la fameuse Planète des Alphas à l'origine d'une des plus fielleuses querelles de la rentrée. Ce livre d'images, conçu entre 1998 et 1999, est le support de leur méthode purement phonique, qui s'efforce, à travers un conte de fées, de produire le déclic de la lecture en deux temps trois mouvements.
La «découverte du principe alphabétique» se fait de manière ludique. Chaque lettre est personnifiée et le personnage, l'animal ou la chose qui la représente émet le son qui lui correspond: le «f» est une fusée qui fait «fffff», le «s» est un serpent siffleur qui fait «ssss», etc. Le rapport entre le son et la lettre doit ainsi s'effectuer rapidement.
Si le DIP de Genève a fait la sourde oreille à cette méthode, en revanche la fondation Archives Jean Piaget de l'Université de Genève lui a donné son aval scientifique. Le canton de Vaud, lui, l'a inscrite au rayon des méthodes officielles utilisées à l'école enfantine – non obligatoire. Une version grand public, moins chère (35 CHF), a vu le jour en ce début septembre: le kit comprenant le livre, un livret pédagogique, un DVD, un CD audio, un poster et un cahier pratique, est déjà en rupture de stock chez l'éditeur. (CB)

